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dimanche 4 septembre 2016

La Dame du Manoir de Wildfell Hall - Anne Brontë - Editions Archipoche

Quatrième de couverture :

L'arrivée de Mrs Helen Graham, la nouvelle locataire du manoir de Wildfell, bouleverse la vie de Gilbert Markham, jeune cultivateur.
Qui est cette mystérieuse artiste, qui se dit veuve et vit seule avec son jeune fils ? Quel lourd secret cache-t-elle ? Sa venue alimente les rumeurs des villageois et ne laisse pas Gilbert insensible. Cependant, la famille de ce dernier désapprouve leur union et lui-même commence à douter de Mrs Graham... Quel drame s'obstine-t-elle à lui cacher ? Et pourquoi son voisin, Frederick Lawrence, veille-t-il si jalousement sur elle ?


Mon avis sur le livre :

J'ai lu ce roman en lecture commune avec Stéphanie dont vous pouvez trouver la chaîne ici.
J'ai encore eu grand plaisir à partager sur cette lecture d'un classique anglais, d'une des sœurs Brontë que je n'avais encore jamais lu !!! 

L'histoire commence sous le point de vue de Gilbert Markham et sous la forme épistolaire, puisqu'il écrit à son ami Halford. J'ai été contente de lire un roman composé de lettres, cela avait un côté plus intime et je me suis sentie directement plus proche du personnage masculin principal. 

Ce que j'ai apprécié dans ce roman est qu'il est addictif : on a du mal à le lâcher quand on se met à le lire. Ceci s'explique par le mystère qui entoure Mrs Graham, on a logiquement envie d'en savoir toujours plus sur elle et sur ses raisons de repousser Gilbert. 

Le livre sème donc de nombreux rebondissements, on voit certains personnages changer au fur et à mesure du récit et on en déteste certains aussi. Je n'ai pas du tout apprécié Mr Huttington qui est un profiteur, un coureur de jupon et surtout, un ivrogne. 

Cette histoire nous montre de façon plus précise l'aspect sombre d'une relation, et même la violence qui peut exister dans un couple. Malgré tout, le récit se veut positif et porte sa morale dans l'espoir.

Le style d'écriture des trois Brontë est semblable : léger, plein de modernisme pour l'époque, fluide et aux délicieuses descriptions. Si, à ce jour, je devais choisir entre une des trois soeurs, j'ai préféré Charlotte avec Jane Eyre. Cependant, Anne se trouve juste derrière avec ce roman, qui pour moi surpasse le très connu Hauts de Hurlevent d'Emily. Je ne peux que vous conseiller de découvrir ces sœurs, dont les récits sont fins et très abordables.

Ma note :

4,5/5. Un roman addictif, que j'ai adoré.

mercredi 27 juillet 2016

Une Vie - Maupassant - Editions Le Livre de Poche

Quatrième de couverture :

À dix-sept ans, radieuse, prête à toutes les joies, à tous les hasards, Jeanne quitte enfin le couvent. Dans le désœuvrement des jours et la solitude des espérances, de toutes ses rêves, le plus impatient est celui de l'amour...
Oh ! Elle en sait des choses sur le frémissement des cœurs, l'élan des âmes. Elle les a si souvent pressentis, espérés, ces bonheurs-là. Aussi, lorsqu'il paraît, le reconnaît-elle sans peine. L'être créé pour elle... Julien ! Le même écho s'éveille en leurs cœurs...
Le mariage scellera leur amour. Mais que suit-elle, lorsque le voile se déchire, des grandes étreintes, des secrets d'alcôves, des désirs d'hommes ? Que sait-elle de l'amour sinon sa poésie ? Alors ils se regardent... Les illusions, à peine écloses, déjà se fanent et bientôt ne sont plus. C'est une vie qui se déroule... 


Mon avis sur le livre :

Je dois dire que j'avais peur de prendre ce roman car j'avais quelques aprioris sur Maupassant, n'étant pas sûre d'aimer ses histoires et son style ! Et bien, comme on dit, il faut apprendre à mettre de côté ses préjugés :P 

On rencontre Jeanne, une jeune femme qui a passé 7 ans dans un couvent et qui en ressort naïve, curieuse de la vie et innocente. Elle espère rencontrer l'amour, et il arrive rapidement, sauf qu'aussi vite tout s'étiole. Son mari va voir ailleurs, elle a des soucis d'argent sur le domaine que ses parents exploite, son fils ne se comporte par comme elle l'a toujours espéré... bref, les embûches et les obstacles se dessinent et rien ne peut l'empêcher.

A première vue, ce roman semble donc triste, déprimant. Et pourtant, ce n'est pas le cas. Car on admire cette femme qui va au-delà des problèmes de la vie quotidienne, qui reste forte et aimante envers chaque être qui l'entoure. On se rend compte alors que les petits soucis de notre vie sont insignifiants, et que parfois il faut mettre de l'eau dans son vin, plus s'adapter, savoir oublier et passer sur des choses pour avancer. J'ai appris de Jeanne, et j'adore les livres où les personnages me donnent des leçons de vie.

Le style de l'auteur m'a entraînée dans sa poésie : il est mélodieux, raffiné et plein de justesse dans ses propos. On a un parallèle entre la nature et les sentiments des personnages : plus la vie devient dure pour eux, plus le temps s'assombrit, s'enneige. Alors que la lumière entoure la joie, la bonne humeur de nos protagonistes.

J'ai donc adoré ce roman qui est vraiment l'histoire d'une vie. Je ressors secouée et chamboulée de ce livre ! Lisez-le car je ne veux pas vous en dire plus, le roman se suffit à lui-même.

Ma note :

5/5. Une vie qui nous apprend à mener la notre.

mercredi 20 juillet 2016

Rhinocéros - Eugène Ionesco - Editions Folio

Quatrième de couverture :

"Tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat." Tout langage stéréotypé devient aberrant. C'est ce que Ionesco démontre dans Rhinocéros, pièce qui a tout d'abord vu le jour sous la forme d'une nouvelle. Partisan d'un théâtre total, il porte l'absurde à son paroxysme en l'incarnant matériellement.
Allégorie des idéologies de masse, le rhinocéros, cruel et dévastateur, ne se déplace qu'en groupe et gagne du terrain à une vitesse vertigineuse. Seul et sans trop savoir pourquoi, Bérenger résiste à la mutation. Il résiste pour notre plus grande délectation, car sa lutte désespérée donne lieu à des caricatures savoureuses, à des variations de tons et de genres audacieuses et anticonformistes. La sclérose intellectuelle, l'incommunicabilité et la perversion du langage engendrent des situations tellement tragiques qu'elles en deviennent comiques, tellement grotesques qu'elles ne peuvent être que dramatiques.


Mon avis sur le livre :

Ionesco était un auteur qui m'intriguait depuis longtemps, et aimant plutôt le genre du théâtre absurde, je me suis donc lancée dans une de ses pièces très connues, Rhinocéros.

On rencontre deux protagonistes au début de la pièce, qui vont s'installer à un café et papoter. Ce sont Jean et Bérenger. A première vue, Jean remonte les bretelles de Bérenger, lui demande de se reprendre alors que celui-ci se laisse aller à une vie de débauche, mêlant alcool et soirées. C'est alors qu'un premier rhinocéros perturbe la vie quotidienne des habitants (l'épicier, l'épicière, le patron, la serveuse, la ménagère, le vieux monsieur et le logicien) en traversant la rue. Et au fur et à mesure de la pièce, tous nos personnages vont se transformer, devenir rhinocéros.

J'ai trouvé cette pièce très intelligente et bien ficelée. Elle m'a fait me poser de nombreuses questions sur l'Homme, sa façon d'agir. L'auteur a une plume amusante, qui nous fait sourire, et qui cache sous chaque mot une vérité. J'ai notamment adoré le moment où deux conversations se font écho : celle de Jean et Bérenger et celle du vieux monsieur et du logicien. Jean et le logicien se place alors comme meneurs, comme supérieurs à leurs homologues, en leur donnant des leçons de vie. Pourtant, il ne semble pas être les mieux placés pour le faire, quand eux-mêmes n'appliquent pas ce qu'ils avancent.

Après lecture d'une analyse de cette pièce, j'ai pu encore mieux la comprendre. Faire la relation avec l'époque où elle a été écrite est important et enrichissant : j'ai découvert que Ionesco a voulu dénoncer le nazisme à travers la transformation de ses personnages en rhinocéros. L'identité de chaque individu disparaît alors, les rues sont bondées de troupes d'animaux et plus de "foules" d'hommes, ce qui est l'image même du mouvement de masse mis en place sous la Seconde Guerre Mondiale. De plus, là où Bérenger semble faible au début du roman, il s'avère étonnamment résistant et fait preuve d'une force de caractère et de moral en s'opposant à devenir comme les autres, rhinocéros.

J'ai donc adoré cette pièce, je suis sûre de lire d'autres œuvres de cet auteur. Je ne suis pas sûre que ce genre de pièce puisse plaire à tout le monde dans le sens où il faut chercher ce que l'auteur a voulu nous dire, et ne pas prendre directement l’œuvre comme elle se présente, c'est-à-dire sous une forme absurde.  

Ma note :

4/5. Une pièce agréable et lourde de sens.

vendredi 15 juillet 2016

Loin de la foule déchaînée - Thomas Hardy - Editions Archipoche

Quatrième de couverture :

Jeune femme d’une grande beauté et au caractère impétueux, Bathsheba Everdene hérite à vingt ans d’un beau domaine, qu’elle dirige seule. Quand un incendie se déclare dans sa propriété, un ancien soupirant ayant connu des revers de fortune, Gabriel Oak, apporte une aide précieuse pour sauver ses récoltes. Elle lui procure un emploi parmi ses gens, mais devient l’élue de deux autres prétendants, bien décidés à obtenir sa main. Oak s’avérera quant à lui d’une étonnante fidélité…

Mon avis sur le livre :

Cela faisait un moment que je voulais découvrir Thomas Hardy, rien que son nom avait pour moi une sonorité très anglaise et c'est un auteur qui se situait dans une période d'écriture juste après Jane Austen, que j'apprécie beaucoup. J'ai donc lu avec plaisir ce roman en lecture commune avec Stéphanie de la chaîne Books &Writing addict (ici)

Ce roman s'ouvre sur le personnage de Gabriel Oak, un berger à son compte, qui par de nombreuses péripéties va perdre son élevage de moutons et chercher du travail, qu'il va trouver dans une ferme auprès de Bathsheba Everdene. Ce personnage féminin est la figure proue du roman, c'est elle qui est dans tous les dires et évocations des hommes qui la convoitise. Si elle paraît hautaine et vaniteuse, c'est une femme faible qui ne croit pas en son charme et qui se retrouve piégée dans un destin qu'elle n'a pas demandé : l'histoire se fait alors tragique et s'entremêle entre deux relations d'amour.

J'ai adoré être plongée dans l'Angleterre campagnarde, et le style de Thomas Hardy s'adapte si bien à l'époque où il a écrit en 1870 qu'on se sent immergé, emporté par le récit et l'environnement qu'il décrit. Malheureusement je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages complètement, sauf à Oak qui pour moi est l'homme le plus pur, le plus sincère, fidèle et moral. Cela est peut-être du au fait que les attitudes de certains m'ont gêné : le sergent Troy m'a énervé car il ne semblait désirer une femme que quand celle-ci était désirée par un autre, Boldwood était faible et me faisait pitié par sa dépression, son manque de raison et Bathsheba ne me paraissait pas familière, je ne la comprenais pas par son caractère changeant qui alternait entre faiblesse et force.

Cependant je dois dire que j'ai été surprise par les nombreux retournements du récit, je ne m'attendais pas à certains évènements qui se sont produits.

Ce livre m'a fait en tout cas me poser des questions sur la destinée de l'homme, la fragilité et la force de celui-ci mais aussi l'effet boule de neige des évènements qui en entraîne des autres. La fin m'a plut mais j'aurais aimé qu'elle soit plus développée. 

Je suis donc mitigée sur ce roman mais sûre de lire un autre livre de Thomas Hardy (notamment Tess d'Uberville) car j'ai énormément apprécié la plume de l'auteur. 

Ma note :

3.5/5.

samedi 9 avril 2016

Ubu roi - Alfred Jarry - Editions Folio Classique

Quatrième de couverture :

Le personnage d'Ubu est devenu le symbole universel de l'absurdité du pouvoir, du despotisme, de la cruauté. Jarry en montre le ridicule, lui oppose l'arme que les faibles gardent face aux tyrans, la formidable liberté intérieure que donne le rire. Le sens du comique et de l'humour change le tyran en marionnette, en ballon gonflé d'air. 

Mon avis sur le livre :

Hier soir j'avais envie de lire un petit livre rapide, quelque chose que je finirais en une soirée. Je me suis donc tournée vers une pièce de théâtre d'un auteur que je ne connaissais pas du tout, et dont je n'avais jamais entendu parler.

Ubu roi est une petite pièce de 120 pages, et je l'ai dévoré en deux heures. On découvre Père Ubu, un homme dépourvu d'intelligence, qui veut tous les pouvoirs afin de régner, sans pour autant se donner du mal à accéder au trône. Les premières pages commencent sur une discussion entre lui et sa femme, Mère Ubu, les deux préparant un coup monté en vue de tuer le roi de Pologne afin qu'Ubu monte sur le trône. 

Cette pièce peut être caractérisée de ridicule, tout simplement parce qu'elle développe des situations rocambolesques pour démontrer certaines faiblesses de l'homme à travers le personnage d'Ubu. Ubu se laisse vivre, il ne veut pas agir et se battre pour obtenir ce qu'il veut, et laisse les autres s'occuper de ses affaires afin de profiter des bénéfices. Il donne des ordres mais ne veut pas se salir les mains. Il est bête et vraiment naïf, cruel puisqu'il agit dans le dos de personnes respectables qui l'apprécient. Mère Ubu n'est pas mieux puisqu'elle pousse son mari dans ses mauvaises actions, ne l'en empêche pas et va jusqu'à le critiquer sans vergogne.

Par des images et des symboles, Ubu roi est fait ridicule : il est en bois comme sur la couverture, peut-être pour montrer de l'extérieur ce qu'il est à l'intérieur, c'est-à-dire pourri et creux, repoussant. 

J'ai apprécié cette pièce dynamique, facile à lire, très accessible au niveau de l'écriture et peu complexe. Il faut aimer le ridicule et les morales implicites : si le théâtre ne vous tente pas, je ne vous conseille pas de commencer par une telle pièce. C'est spécial mais j'aime ce côté différent, unique, que chaque dramaturge arrive à donner à ses pièces. Jarry exploite des thèmes importants et on en ressort grandit par la bêtise qui est exposée dans ce livre.

Ma note :

3.5/5. Divertissant.

jeudi 31 mars 2016

Le Petit Prince - Antoine de Saint-Exupéry - Editions Gallimard

Quatrième de couverture :

«J'ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu'à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s'était cassé dans mon moteur. Et comme je n'avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C'était pour moi une question de vie ou de mort. J'avais à peine de l'eau à boire pour huit jours.
Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait : ...» 


Mon avis sur le livre :

Alors voilà, à 19 ans, je n'avais toujours pas lu le Petit Prince, honte à moi je dois dire ! C'est parce qu'on me l'a conseillé que je me suis lancée dans ce petit roman de 90 pages aux allures enfantines, tout coloré et illustré de dessins de son auteur, Antoine de Saint-Exupéry. Et je ne peux pas vous cacher que le Petit Prince m'a fait rêver.

On découvre d'abord une plume pas commune, différente, qui s'adresse aux lecteurs, nous implique dans l'histoire, nous plonge dedans dès la première page. On rit dès le début, parce que l'auteur sait nous emporter par son ironie et sa finesse d'esprit. Rien que la dédicace à l'ouverture du livre intrigue : elle s'adresse à un certain Léon Werth, définit comme le meilleur ami de Saint-Exupéry. L'écriture simple, douce, nous transporte. J'ai l'impression parfois de me répéter là-dessus mais pour moi les meilleurs auteurs sont ceux qui savent jouer, harmoniser des mots simples pour les rendre complexes, différents, leur donner un aspect nouveau auquel on ne les aurait jamais associé.

 Je me suis directement attachée aux personnages. Et pourtant, on ne sait rien du narrateur : on ne connait pas son prénom, pas son âge, pas son aspect physique et très peu sa personnalité. C'est comme si l'auteur avait fait le choix de faire disparaître la figure centrale du roman pour mettre en avant toutes les choses qu'il veut nous apprendre dans son livre, par la rencontre du narrateur avec le Petit Prince. Car c'est le Petit Prince qui fait l'histoire, qui apprend à l'adulte la vie : il y a finalement une inversion de la transmission du savoir, et c'est par l'innocence, la fragilité et la spontanéité de l'enfant qu'on comprend toutes ces choses qu'on n'avait pas comprises avant. Le Petit Prince c'est ce petit garçon venu d'une autre planète, qui pose beaucoup de questions mais oublie souvent de répondre à celles qu'on lui pose.
 
Ce livre est cruel, tout simplement parce qu'il dit la vérité. Il est vrai. Et sous des airs de roman pour petits, se cache une leçon de vie, un livre philosophique destiné à l'adulte. C'est ce qui fait la force du roman : son paradoxe. 

J'ai été surprise moi aussi d'apprendre la vie grâce à ce roman. Derrière des images, l'auteur superpose les morales. Tel objet sera telle chose de la vie, et ça, c'est à nous de le deviner. Et chacun apprendra ce qu'il veut apprendre du roman : au final, on y voit tous quelque chose de différent, et c'est ça la magie des mots.

Il est impossible que je finisse ma chronique sans citer des phrases du roman, car c'est la première fois qu'un roman renferme autant de citations faisant écho à ce que je pense.

-"Droit devant soi on ne peut pas aller bien loin" : je vois dans cette citation l'idée qu'une vie ne peut se faire sans obstacles, et que la vie serait bien ennuyeuse si rien, sur notre chemin, ne savait la détourner de devant soi. C'est parce qu'on regarde autour de soi qu'on avance.

-"Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d'un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l'essentiel" : le roman en lui-même est une critique du passage à l'âge adulte, car adulte on oublie l'essentiel et on perd l'imagination qu'on avait enfant. Sauf si on apprend à la cultiver.

-Saint-Exupéry lui-même écrit l'importance de son roman : "Car je n'aime pas qu'on lise mon livre à la légère. [...] C'est triste d'oublier un ami. Tout le monde n'a pas eu un ami". Il met en avant la rareté de l'amitié, dans sa difficulté à la trouver.

-"C'est tellement mystérieux, le pays des larmes."

-"J'aurais dû la juger sur les actes et non sur les mots."

-"Il est bien plus difficile de se juger soi-même que de juger autrui." 

-"On ne connaît que les choses que l'on apprivoise."

-"On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux."

J'ai juste une chose à dire : lisez ce roman !

Ma note :

5/5. C'est un coup de cœur.

samedi 27 février 2016

Jane Eyre - Charlotte Brontë - Editions Archipoche

Quatrième de couverture :

Jane Eyre, orpheline à dix ans, est maltraitée par les Reed chez qui elle a été placée. Envoyée à Lowood, une institution rigide, elle y souffre de privations et de nouvelles brimades. Elle s’y fait une amie, Helen Burns. Jane saura pourtant s’adapter et – tout comme Charlotte Brontë – devient professeur après six ans d’études. Une annonce passée dans un journal lui permet de devenir gouvernante : la voilà chargée de l’éducation d’Adèle, la protégée de Mr Rochester, riche propriétaire du château de Thornfield-Hall…

Mon avis sur le livre :

Je dois d'abord vous dire que je me suis permise de couper et d'enlever des choses du résumé de quatrième de couverture des éditions Archipoche qui révélait l'intégralité des évènements du livre (ce que je trouve incompréhensible d'ailleurs, heureusement que je n'avais pas lu le résumé avant de démarrer ma lecture du roman). Ce roman je l'ai acheté suite à ma lecture des Hauts de Hurlevent d'Emily Brontë, la sœur de Charlotte, car je voulais continuer de découvrir les sœurs Brontë et lire encore un roman classique anglais. 

On découvre Jane Eyre, orpheline, qui ne va pas avoir une vie facile et qui jeune, a un caractère très rebelle. Petit à petit on la voit grandir et atteindre ces dix-neuf ans, âge où on va ensuite la suivre tout le long du roman. D'autres personnages l'entourent, chacun avec sa personnalité spécifique et toujours détaillés avec minutie par l'auteur : on ne s'arrête pas à leur personnalité en général, on rentre vraiment en profondeur sur leur façon de penser, de voir les choses et ce qu'en ressent Jane. 

J'ai énormément apprécié le style de Charlotte Brontë, plus que celui de sa sœur d'ailleurs : il y a une beauté dans son écriture, une façon de décrire les paysages qui nous plonge dedans, on ferme les yeux (ou pas, vu qu'on lit ^^) et on y est. Les phrases sont fluides, s'enchaînent, c'est mélodieux. Je dois dire que le moment où j'ai le plus apprécié lire ce roman était quand j'étais sur ma terrasse au soleil, entourée par la nature, j'avais vraiment l'impression d'être comme un peu dans l'histoire. De plus, et je me répète, je suis à chaque fois étonnée de l'accessibilité et de la facilité à lire ce genre de roman, qui date pourtant du début XIXe siècle. J'avais envie de prendre mon temps à lire chaque mot de l'auteur, d'où ma lenteur à lire ce roman (1 mois).

J'ai admiré la figure féminine de Jane Eyre : c'est un personnage qui va puiser dans sa colère de jeunesse, dans sa rébellion pour poser sa réflexion, s'améliorer, devenir courageuse, sûre d'elle et surtout grandir. Elle a tendance à parler peu mais chaque parole qu'elle prononce à son importance.

De plus, le personnage masculin principal, Mr Rochester, change lui aussi au fur et à mesure du roman : les obstacles de la vie par lesquels il va devoir passer vont faire de lui un homme moins orgueilleux, moins féroce. Nombre de fois il m'a fait penser à Mr Darcy dans Orgueil et Préjugés de Jane Austen.

L'histoire d'amour (car oui il y en a une et vous vous en doutez) est tellement pure, désintéressée, c'est comme si les deux âmes des personnages se touchaient et se comprenaient sans avoir besoin de dire les choses à voix haute. J'ai pu noter une citation qui appuie ce que je viens de dire plus haut : 
-"Mais bientôt, je l'espère, vous apprendrez à être naturelle avec moi, parce qu'il m'est impossible de ne pas l'être avec vous"

Ce roman est donc à l'opposé total des Hauts de Hurlevent, il est beaucoup plus romantique, dans les sentiments, et c'est ce que j'ai le plus apprécié. J'avais trouvé les Hauts de Hurlevent trop sombre avec des personnages manquants de caractère. Cependant Jane Eyre n'est pas pour moi un coup de cœur car il m'a manqué parfois une addiction au livre que je ne saurais pas expliquer, il y avait peut-être quelques longueurs dans les deux-cent premières pages. Il frôle cependant le coup de cœur. 

Ma note :

4,5/5. Une découverte magnifique, on en ressort grandit.

dimanche 6 décembre 2015

Les Hauts de Hurle-Vent - Emily Brontë - Ebook

Quatrième de couverture :

Lorsque Mr Earnshaw ramène d’un voyage un enfant abandonné, Heathcliff, les réactions de ses enfants évoquent les orages qui s’abattent sur le domaine des Hauts du Hurle-Vent. Le fils Hindley n’accepte pas cet enfant sombre et lui fait vivre un enfer. La fille, Catherine, se lie très vite à lui, d’un amour insaisissable et fusionnel. Tous trois grandissent, dans cet amas de sentiments aussi forts qu’opposés. Heathcliff devient un homme sans scrupule, qui jure de se venger des deux hommes ayant empêché le déploiement de son amour : Hindley, le frère ennemi, et Edgar, le mari de Catherine. La destruction de ces deux familles et de leurs descendances constitue alors son seul objectif. Dans les paysages sauvages et immuables des landes du Yorkshire, les déchirements sont nombreux et cohabitent dans une passion extrême et des tourments destructeurs... 

Mon avis sur le livre :

J'ai commencé ce livre il y a un mois et demi en lecture commune avec ma grand-mère. L'idée était de lire un classique de la même époque que les romans de Jane Austen et d'une auteure que je n'avais jamais lu, en l’occurrence Emily Brontë. Je connaissais le roman seulement par son nom et ne savait pas du tout le contenu de l'histoire. 

On découvre des personnages aux multiples facettes : un vieil homme, Mr Earnshaw, qui est généreux et va abriter sous son toit un enfant trouvé lors d'un de ses voyages nommé Heathcliff. Celui-ci n'est pas accepté par l'intrépide Catherine et par le calme Hindley, enfants de Mr Earnshaw, il fait irruption dans un foyer et ne trouve pas sa place. De nombreuses péripéties et tragédies amoureuses vont alors avoir lieu : elles vont changer Heathcliff, en faire un homme dont le principal but est de se venger et détruire.

Ce que j'ai beaucoup apprécié est de découvrir l'histoire de ces personnages sous le point de vue de Nelly, la domestique, qui raconte l'histoire à Mr Lockwood, un homme de passage et locataire de la Grange, maison à quelques miles de celle de Hurle-Vent. Cette femme a vécut directement ce qui s'est passé mais a du recul et pose de façon objective les diverses personnalités des protagonistes qu'elle a su décortiquer au fil des années. En effet, le récit commence dans les années 1760 pour se terminer au début du XIXe siècle. On suit donc plusieurs générations, on va découvrir les enfants des enfants de Mr Earnshaw.

Je dois dire qu'on rentre vite dans l'action : on a peu de description, l'écriture est facile à comprendre, on ne dirait quasiment pas du classique. J'aime beaucoup les écrivains de cette époque pour leur style léger, entraînant. Je me suis sentie facilement plongée dans l'univers de la campagne anglaise avec sa colline, ses deux maisons, le vent s'infiltrant par les volets et faisant grincer les maisons. Cependant, j'ai trouvé parfois quelques lenteurs au récit, un quelque chose qui manquait pour accrocher complètement mon attention, c'est comme si à certains moments j'étais totalement dans l'histoire et à d'autres que je le regardais de loin.

Peut-être que ce manque de proximité à l'histoire résulte de la part sombre de celle-ci. Car on est face à certains personnages fous, qui ont des visions, voit des fantômes. La mort est partout, elle sévit et fait basculer le cours des choses. J'ai parfois trouvé que le côté tragique était trop à son extrême. C'est donc un drame anglais aux touches boisées, qui se lit agréablement au coin du feu, quand la pluie tombe. 

Tout les personnages ne m'ont pas plu, la violence d'Heathcliff m'a parfois refroidie. Mais j'ai énormément apprécié Cathy qui a un sang-froid, une joie de vivre et qui garde son insouciance malgré tout ce qu'il va lui arriver : elle fait preuve d'une force de caractère et de courage indéniable. Le fait de suivre une famille m'a plu : on la voit évoluer, changer au fil du temps. 

Ce livre est donc un classique que je ne regrette pas d'avoir lu mais auquel j'ai trouvé pas mal de points négatifs, qui ne m'a pas totalement convaincu. La fin rattrape finalement tout et donne cette touche d'espoir attendue.

Ma note :

2.5/5. Je n'ai pas été totalement convaincu, il manquait ce petit truc.

dimanche 13 septembre 2015

Macbeth - Shakespeare - Editions Folio Classique

Quatrième de couverture :

-Macbeth :
Ce qu'un homme ose, je l'ose ! Viens à moi 
Sous l'apparence de l'ours russe le plus farouche, 
Du rhinocéros le plus hérissé, du tigre 
Le plus féroce de l'Hyrcanie. Prends toute forme 
Sauf celle-ci, et mes nerfs assurés ne trembleront pas. 
Ou encore : revis, et défie-moi 
Au combat à l'épée jusque sur la lande déserte 
Et si je reste ici à trembler de peur, tu pourras me dire 
Une poule mouillée. Va-t'en, va-t'en, 
Horrible spectre, image sans substance ! (Acte III, scène 4)

Mon avis sur le livre :

Ayant envie de lire un classique rapidement, sans prise de tête, j'ai piqué à ma sœur Macbeth de Shakespeare. J'avais déjà lu de cet auteur/dramaturge du XVI-XVIIe siècle Roméo et Juliette que j'avais apprécié.

Ici on est plongé au cœur de l’Écosse, entre châteaux, landes et batailles. Macbeth, notre personnage principal, est général et porte déjà le titre de "sire de Glamis". Il participe à la guerre contre la Norvège. Un soir, il rencontre sur la lande trois sorcières qui lui annoncent qu'il va être nommé "sire de Cawdor" et devenir roi de l’Écosse prochainement. D'abord peu interpellé par les propos de ces apparitions, il va ensuite leur faire totalement confiance : le roi Duncan le nomme "sire de Cawdor" et c'est la confirmation pour lui des paroles de ces vieilles. Son ambition va devenir grande jusqu'à provoquer lui-même son destin en passant à l'acte diabolique : tuer tous ceux qui sont sur son chemin. Sauf qu'il y a des conséquences, cette réplique les mettant à jour : "Que l'œil se détourne de la main ! Que celle-ci ait pouvoir d'accomplir librement ce que l’œil craindrait trop de voir !".

J'ai beaucoup aimé me retrouver dans cette Écosse qui est un lieu propre aux éléments mystiques et effrayants. La pièce de théâtre est donc dans une ambiance très silencieuse comme si on entendait le moindre bruit, j'ai vraiment eu l'impression d'y être. On se retrouve également dans l'acte IV en Angleterre. Je ne saurais donner de date où se déroule l'histoire, je sais juste que des guerres écosso-norvégiennes ont eu lieu entre 1262 et 1266.

Le style de l'auteur est facile à lire, les mots s'enchainent avec rapidité. La fin m'a parue plus lente que le début car les répliques étaient plus longues et j'ai eu quelques problèmes de compréhensions, on avait beaucoup de personnages qui apparaissaient alors qu'au final on aurait pu garder ceux principaux pour faire avancer l'action.

J'ai beaucoup aimé découvrir une pièce de Shakespeare plus sombre avec une morale : après l'acte on est hanté par nos remords qui apparaissent dans le livre comme des fantômes ou des problèmes de somnambulisme. L'auteur nous fait bien comprendre qu'il faut réfléchir avant de passer à l'acte.

Ma note :

3.75/5. Bien sauf la fin que j'ai moins aimé, qui m'a un peu perdue.

vendredi 4 septembre 2015

Lady Susan - Jane Austen - Editions Omnibus Intégrale 1

Quatrième de couverture :

Lady Susan est veuve. Afin d’assurer son avenir, elle voudrait marier sa fille de seize ans à Sir James Martin, un homme riche et stupide. Mais à trente-cinq ans, Susan, brillante manipulatrice, est également une très jolie femme qui en paraît dix de moins. Pourquoi ne pas se chercher, elle aussi, un deuxième époux ? Et les prétendants ne manquent pas. Car Susan s’est forgé une réputation de séductrice sans vergogne, n’hésitant pas à entretenir une relation avec un homme marié tout en courtisant d’autres hommes, plus jeunes qu’elle…

Mon avis sur le livre :

En parallèle de ma lecture actuelle qu'est le quatrième tome de E.L.James, j'ai eu envie de lire un petit livre cette après-midi et je me suis donc lancée dans Lady Susan de Jane Austen qui fait aux alentours de 80 pages. Premier roman que Jane Austen a écrit, elle emploie un récit épistolaire avant de se lancer plus tard dans l'utilisation de la troisième personne dans les romans suivants qu'elle écrira.

Avant de commencer la lecture de ce roman épistolaire, on a une sorte d'index de l'ensemble des personnages qui vont échanger des lettres afin de comprendre la situation actuelle. C'est comme si on était jeté au milieu de plusieurs lettres (il y en a 41) que des membres d'une famille se sont échangés sur une courte période. A travers ces lettres on découvre la personnalité de chacun, leurs relations, les liens qu'ils entretiennent. 

La première lettre est envoyée par Lady Susan à son beau-frère Mr Vernon, lui demandant de venir séjourner chez lui car cette dernière se trouve dans une situation compliquée chez des amis à elle, les Manwaring. Il s'avère que la femme de Mr Manwaring est jalouse de Susan, cette dernière plaisant beaucoup à son mari. Et dans le même temps, Susan a convaincu le prétendant de la fille des Manwaring (Sir James) de séduire sa fille à elle, Frédérica (qui elle déteste Sir James) et donc d'abandonner Miss Manwaring. D'où le fait que les femmes Manwaring rejettent la présence de Susan plus longtemps chez elles. 

La correspondance que j'ai préféré a été celle entre Mrs Vernon, la femme de Mr Vernon, et sa mère, Lady de Courcy. J'ai beaucoup apprécié le personnage de Mrs Vernon dans son honnêteté et sa bienveillance. 

J'ai adoré retrouver la plume de Jane Austen dans des lettres, dans un style tout autre, mais qui lui va toujours aussi bien. J'ai eu l'impression en quelque sorte de la redécouvrir car j'étais habituée à ses romans normaux où elle était le narrateur, alors que là elle laisse la parole à ses personnages. 
Vous connaissez mon amour pour cet auteur, j'adore ses tournures de phrase, son écriture classique mais qui reste compréhensible de nos jours alors qu'elle date du XIXe siècle.

Et puis Jane Austen arrive toujours à renouveler ses personnages, à en créer de nouveaux complètement différents des précédents. Ce que j'ai beaucoup apprécie ici c'est que le personnage central Lady Susan est une femme aux antipodes de ce à quoi on s'attend dans les livres d'Austen. C'est une antihéroine, cruelle et fourbe, qui se fait le plaisir de jouer avec les sentiments de deux hommes, qui ment comme elle respire, fait vivre une vie atroce à sa fille Frédérica. Cette femme n'est intéressée que par l'argent au détriment de l'amour véritable. Au final cette femme dépourvue d'étique on l'aime bien. Parce que c'est un personnage de Jane Austen et que même les plus cruels on les adore vu les répliques piquantes que l'auteur leur fait dire. Jane Austen a ce pouvoir : nous faire aimer des personnages imbuvables.

Ma note :

4,5/5. Un livre plein de sarcasme et d'ironie.

vendredi 29 mai 2015

Orgueil et Préjugés - Jane Austen - Editions Omnibus

Quatrième de couverture :

Orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d'un mariage : l'héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennet qui n'est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l'épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu'il n'y a en fait qu'un héros qui est l'héroïne, et que c'est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.

Mon avis sur le livre :

Ayant lu fin avril-début mai Raison et Sentiments de Jane Austen, j'avais très envie de découvrir Orgueil et Préjugés, le second tome écrit par l'auteur. Car je compte en effet lire tout les livres de cette auteure qui a sut me convaincre rapidement par sa plume. Je me suis donc lancée dans une lecture commune avec Emilie de la chaîne Milyx Lecture (ici). Et je n'ai pas été déçue...

On découvre directement la famille Bennet, composée de Mr et Mrs Bennet mais aussi de ses cinq filles, Jane, Elizabeth, Kitty, Lydia, Mary. Ils habitent à Longbourn dans le Hertfordshire. Le roman commence avec l'arrivée du mystérieux Mr Bingley à Netherfield (village voisin). Bien sur, comme toujours, des relations d'amours et d'amitiés se créent et se défont dans les livres de Jane Austen, c'est d'ailleurs la trame principale de son histoire alors pour ceux qui n'aiment pas les histoires à l'eau de rose vous pouvez passer votre chemin

Pour ma part, je suis quelqu'un d'assez romantique et les histoires d'Austen me touchent beaucoup. Ce qui fait d'abord la force de cette auteure est son style d'écriture. Tout simplement parce que ces livres ont été écrits au début du XIXème siècle mais aussi parce qu'elle a une façon d'employer certains mots, Jane Austen arrive toujours à me plonger dans son univers et le peu de descriptions qu'elle nous donne du paysage semble m'apparaître sous les yeux. Si vous aimez les collines, les bois, les champs à perte de vue, vous adorerez l'Angleterre du XIXème siècle !

Ce que j'adore aussi dans les livres de Jane Austen c'est les diverses personnages qui les composent. Jane Austen semble connaître son sujet sur le bout des doigts et nous parle de chaque personnage avec chacun leur propre personnalité. Elle a une habileté à cerner le caractère de chaque personnage et à le faire évoluer petit à petit au fil des pages, nous dévoilant souvent des aspects de la personne que l'on avait pas vu avant. Ces réflexions sont quasi philosophiques pour moi car cela passe souvent par la nuance entre deux mots. Dans ce livre par exemple elle fait bien la distinction entre vanité et orgueil alors qu'aujourd'hui ces deux mots sont souvent confondus. J'avais l'impression de m'enrichir en vocabulaire et en questionnements sur les choses qui m'entourent et j'aime beaucoup cet aspect de ma lecture. 

Dans ce livre, j'ai beaucoup aimé Mr Darcy. Même si dès le départ je l'ai détesté. Et pourtant la magie de l'écriture de Jane Austen fait qu'en un claquement de doigt le personnage qu'on détestait le plus devient celui qu'on préfère. Il a cette flegme et ce silence mystérieux qui intriguent. Elizabeth m'a semblé parfois trop stricte au début sur sa façon de juger les gens mais elle évolue ensuite pour freiner ses préjugés. J'ai beaucoup aimé qu'elle ne se laisse pas impressionner par Mr Darcy et débatte sur différents sujets. Elle a une conception de l'amour très sincère : elle ne veut pas se marier avec un homme juste pour son argent, elle veut se marier avec un homme qu'elle aime profondément. J'ai beaucoup aimé le fait que ce soit grâce à elle que Mr Darcy change. J'ai aussi énormément aimé leur complicité.

S'il semble que l'intrigue tourne surtout autour des deux sœurs aînés, Jane et Elizabeth, l'action passée et présente des autres personnages a une telle importance sur l'avenir de ces deux filles que les personnages secondaires en sont d'autant plus mis en avant. J'ai préféré ce livre à Raison et Sentiments car on voit plus les moments de conversation entre les personnages, la façon dont leurs sentiments se créent comme les échanges de regards, le flirt anglais distingué, les pensées des personnages. J'avais l'appréhension que Raison et Sentiments soit proche de l'histoire d'Orgueil et Préjugés mais les romans de Jane Austen sont totalement différents.

Les thèmes abordés dans ce roman portent sur le fait de passer au-dessus de ses préjugés et de ne pas juger les gens directement par ce qu'ils renvoient d'eux-mêmes. Ce n'est pas parce qu'une personne a des bonnes manières et un charisme qu'elle a pour autant des valeurs morales et du respect pour les autres. J'aime beaucoup les morales de Jane Austen qui nous font ouvrir les yeux sur le monde.

J'ai été comblée par la fin de l'histoire : les vrais défauts de chacun ressortent pour embellir les qualités des plus honnêtes personnes. Les gens perfides et ne pensant qu'à l'argent s'estompent par la gentillesse et la sincérité d'autres personnages. J'ai trouvé que ce livre a augmenté en intensité au cours de l'histoire pour atteindre l'apothéose de la fin. C'est un coup de cœur !!!

Un film a été adapté de ce roman avec l'actrice Keira Knightley qui joue dans Pirates des Caraïbes. J'ai adoré ce film qui reprend très bien le livre, la musique est superbe et il est très bien réalisé. L'acteur qui joue Mr Darcy va très bien dans ce rôle. Je compte également regarder la série adaptée de ce livre.

Ma note :

5/5. Coup de cœur total, un livre parfait à lire absolument ! Jane Austen rassemble dans ce roman tout ce que j'aime dans la littérature !!!

lundi 4 mai 2015

Raison et Sentiments - Jane Austen - Editions Omnibus

Quatrième de couverture :

Injustement privées de leur héritage, Elinor et Marianne Dashwood sont contraintes de quitter le Sussex pour le Devonshire, où elles sont rapidement acceptées par la bourgeoisie locale étriquée et à l'hypocrisie feutrée.
L'aînée, Elinor a dû renoncer à un amour qui semblait partagé, tandis que Marianne s'éprend bien vite du séduisant Willoughby. Si Elinor, qui représente la raison, dissimule ses peines de cœur, sa cadette étale son bonheur au grand jour, incapable de masquer ses sentiments. Jusqu'au jour où Willoughby disparaît...


Mon avis sur le livre :

Depuis que j'avais lu Snobs de Julian Fellowes j'avais envie de découvrir d'autres livres avec cette ambiance anglaise si particulière et notamment des classiques comme ceux de Jane Austen. J'ai donc emprunté à la bibliothèque une intégrale rassemblant "Raison et sentiments" et d'autres écrits de cet auteur. Je me suis plongée dans son premier roman "Raison et sentiments" car j'avais envie de découvrir ce qu'elle avait écrit dans un ordre chronologique. 

Dès le départ, j'ai été surprise par la simplicité d'écriture de Jane Austen, dans le sens où elle est très compréhensible et facile à lire. J'avais des appréhensions mal fondées. J'ai donc été plus rapidement emportée dans l'histoire que ce à quoi je m'attendais, la lecture était légère et agréable. De plus, les chapitres courts (pas plus de cinq pages) permettent de mieux accrocher le lecteur. 

La seule difficulté à noter dans la lecture est qu'il y a de nombreux personnages : en effet on a plusieurs personnages avec le même prénom (comme John par exemple) et tous sont liés d'une certaine façon. Je me suis donc fait un petit arbre généalogique pour comprendre mieux ma lecture et ne pas être perdue. D'autant plus que je n'avais pas tout mon temps à consacrer à cette lecture et que je faisais parfois des pauses ce qui m'empêchait d'être totalement familiarisée avec les caractères différents.

Je me suis très vite attachée à la famille Dashwood composée de la mère et de ses trois filles nommées Elinor, Marianne et Margaret. Chacune des filles ont un caractère différent. Tandis qu'Elinor est la raison et la réflexion, Marianne est la vivacité et les sentiments, Margaret la fraîcheur et l'insouciance. Étonnamment, je me suis beaucoup identifiée à Elinor : comme moi elle est pudique sur ses sentiments et ne les montre pas ouvertement, pourtant elle est très sensible. Elinor est un peu le pilier de la famille Dashwood : elle apaise les pleurs et les tensions, elle est très diplomate. Marianne est beaucoup plus impulsive : j'ai parfois reconnu dans ses réactions ma sœur.

Cependant, malgré le fait que je m'identifiais bien aux personnages, il m'a manqué quelque chose dans ce premier livre : on est attaché aux personnages mais on aimerait l'être encore plus. Cela est peut-être du au fait que l'histoire est écrit à la troisième personne. Mais aussi au fait que l'on assiste pas aux premiers émois de chacune des jeunes filles : on le voit de loin, on ne suit pas les discussions entre amoureux. Il n'y a pas de détails précis sur les expressions des protagonistes dans l'écriture de Jane Austen : on comprend donc moins bien les situations et c'est nous qui devons mettre sur les paroles des personnages des expressions et émotions. L'écriture de Jane Austen n'est pour moi pas assez descriptive

Je l'ai d'autant plus remarquée en regardant la série "Raison et Sentiments" de 2009 et le film "Raison et Sentiments" de 1996. En effet, dans le film ou la série on est touché par les personnages de façon plus forte : on voit leur expressions, les choses que l'on avait pas vu dans le livre nous sautent aux yeux à l'écran. Je vous conseille donc vraiment de regarder ceux-ci car ils permettent vraiment de compléter ce roman de Jane Austen et sont très bien adaptés, l'histoire originale est très bien suivie, peu de libertés ont été prises par rapport à l’œuvre première. 

Ce roman parle donc d'amour mais aussi de déceptions et de la vie en générale. On suit les stratégies matrimoniales qui peuvent modifier et bouleverser les idylles concrètes. La société anglaise est dépeinte dans ses hauts mais aussi ses bas. Les thèmes abordés m'ont donc énormément plu.

La fin du roman m'a beaucoup plu : Jane Austen arrive à nous surprendre, on a des rebondissements et j'étais plus emportée émotionnellement. Chaque sœur va évoluer en apprenant de l'autre : j'ai trouvé la morale de ce roman très belle. J'ai donc très envie de lire un autre roman de Jane Austen car elle a sut me convaincre et agrandir ma passion pour la littérature anglaise. Moi qui depuis un moment voulais la découvrir je n'ai pas été déçue. Je lirais donc prochainement "Orgueil et Préjugés" avec une youtubeuse et amie au pseudo de Milyx Lecture. Ce deuxième roman de l'auteur est beaucoup plus aimé, j'espère avoir un coup de cœur en le lisant.

Ma note :

4.5/5. Le manque de description me fait passer à côté d'un coup de coeur.

 

vendredi 24 avril 2015

La Nuit de Valognes - Eric-Emmanuel Schmitt - Editions Magnard

Quatrième de couverture : 

Par une nuit orageuse, quatre femmes se retrouvent dans le château de la duchesse de Vaubricourt. Don Juan, qui les a bafouées autrefois, sera jugé et devra réparer ses torts en épousant Angélique, filleule de la duchesse. A la surprise générale, le séducteur mythique accepte !

Mon avis sur le livre :

Ce livre est tombé par hasard entre mes mains car une amie me l'a prêtée quand je lui ai parlé d'Eric-Emmanuel Schmitt dont je n'avais jamais lu aucun ouvrage, mais dont j'entendais beaucoup parler dernièrement, et qui par conséquent m'intriguait beaucoup ! Elle m'a donc passé "La Nuit de Valognes" de cet auteur. D'ailleurs, je croyais qu'il n'avait écrit que des romans et je ne savais pas qu'il avait écrit des pièces de théâtre comme c'est le cas ici. Quand mon amie m'a dit que ce livre était une réécriture de Dom Juan de Molière j'ai directement eu envie de le lire.

Dès le début, on rencontre cinq femmes toutes différentes : une duchesse, une comtesse, une religieuse, une madame et une mademoiselle. Elles sont toutes liées à Don Juan : celui-ci leur a brisées le cœur et elles veulent se venger. 

On est directement emporté dans l'histoire, les répliques sont prenantes et les femmes s'envoient des piques : on rigole dès les premières pages. Le lecteur ne s'ennuie pas. Chacune a ses petites mimiques, façons de faire : on adore ces personnages assez stéréotypés car ils vont très bien avec l'histoire et servent à l'alléger. On retrouve avec plaisir la flegme de Don Juan et la malice de son valet Sganarelle

Alors que l'on pourrait penser que cette lecture est légère car c'est une pièce de théâtre, on se rend compte qu'à travers la redécouverte du mythe de Don Juan elle fait passer des messages très contemporains. Peut-être est-ce du au fait qu'Eric-Emmanuel Schmitt est agrégé en philosophie et que son but est de nous faire réfléchir. En tout cas, ça marche avec moi parce que je me suis mise à réfléchir sur la recherche de soi-même, comment se définir et se comprendre quand on ne peut échapper à soi-même. J'ai beaucoup aimé notamment une des phrases d'Eric-Emmanuel Schmitt qui apparaît lors d'un dialogue entre Sganarelle et Don Juan : "Car on ne se quitte pas même si l'on s'ignore". De même, ce petit texte nous fait réfléchir sur la définition de l'amour

Eric-Emmanuel sait jouer avec nos sentiments : il nous balade et mène la danse alors que l'on se laisse totalement berner. J'ai eu plusieurs fois des coups au coeur, croyant qu'il s'était passé telle ou telle chose alors que ce n'était pas le cas. Et la fin est surprenante : je suis tombée dénue. On ne peut pas du tout s'attendre à cette fin vu la façon dont est écrit la pièce. 

J'ai donc énormément aimé cette pièce de théâtre, je ne pensais pas que ce serait pour moi une lecture aussi agréable et si bien construite mais Schmitt arrive à nous faire réfléchir sur des thèmes de la vie contemporaine sans que l'on s'en rende compte. Cela en fait pour moi un vrai maître de l'écriture : il nous écrit une histoire simple et facile à comprendre mais tellement riche de sous-entendus et de sens. 

Le Don Juan que l'on découvre nous surprend et Eric-Emmanuel Schmitt a réussit à réécrire un mythe, pourtant déjà retravaillé plusieurs fois par nombre d'auteurs, en l'améliorant d'autant plus et en l'adaptant à notre société. C'est un coup de coeur pour ma part.

Ma note :

5/5. Rien à redire.