lundi 31 août 2015

Ashford Park - Lauren Willig - Editions France Loisirs

Quatrième de couverture :

Orpheline à cinq ans, recueillie par un oncle indifférent, Addie ne s'est jamais sentie à la hauteur de sa cousine Bea, plus belle, plus riche, plus sociable. Cette dernière a pourtant été son unique alliée durant toute son enfance.
Pendant la Grande Guerre, leurs chemins se séparent quand Addie s'engage comme infirmière. Quelques années plus tard, Bea, jeune mariée délaissée, séduit le soupirant d'Addie et s'enfuit avec lui en Afrique. Contre toute attente, quand Bea l'appelle à l'aide et la supplie de les rejoindre au Kenya, Addie n'hésite pas une seule seconde. Si les retrouvailles ne sont pas celles qu'elle espérait, elles laissent entrevoir à la jeune femme un tout autre avenir.


Mon avis sur le livre :

J'avais acheté au printemps dernier ce roman à France Loisirs qui me tentait énormément de part sa couverture mais aussi son résumé, mêlant Angleterre et Afrique, secrets de famille. Cela faisait un bout de temps que j'avais envie de lire plus de contemporains, c'était donc la bonne occasion. 

Le roman commence sur un long prologue de 30 pages où on découvre Addie en 1926, jeune femme de 21 an, ballotée dans un train pour se rendre à Nairobi, capitale du Kenya, en Afrique. Si elle fait ce voyage, c'est pour rejoindre sa cousine Bea l'ayant appelée au secours et effacer les rancœurs passées. Car des années auparavant, Bea s'est enfuie avec Frederick, l'homme qu'aimait Addie. 
L'auteure fait ensuite un bond en 1999 où on découvre la petite-fille d'Addie, nommée Clemmie, jeune femme de 34 ans, avocate et visant le poste d'associée dans un cabinet de New York. Addie fête ses 99 ans lors d'une réception qu'elle organise dans son appartement et c'est lorsque Clemmie se retrouve devant sa grand-mère que celle-ci la prend pour Bea. Or Clemmie ne sait pas qui est Bea et va commencer à se rendre compte qu'elle ne sait finalement rien sur le passé de ses grand-parents, sur leur émigration d'Afrique pour venir vivre en Amérique. 

L'auteure va donc alterner dans chaque chapitre un bout de présent de 1999 et un bout de passé de 1906 à 1976. On découvre donc deux histoires différentes en alternant le point de vue d'Addie et celui de Clemmie, l'auteure restant toujours en retrait de ses personnages par l'utilisation de la troisième personne. Le livre est divisé en deux grandes parties : la première se passant à Ashford Park à Londres et la seconde au Kenya. J'ai aimé rencontrer ses deux femmes de deux époques différentes, voir comment les générations changent et pourtant s'entrecroisent dans leurs histoires. L'histoire a donc un aspect historique puisqu'on va survoler les deux guerres mondiales, le passé du château d'Ashford Park (qui existe vraiment) mais tout cela en subtilité et sans être totalement plongé dans ces évènements historiques. 

Si je dois avouer avoir aimé la personnalité de Clemmie, j'ai eu une préférence pour sa grand-mère Addie. Peut-être parce qu'on suit Addie de son plus jeune âge à sa vieillesse et Clemmie seulement lors de ses 34 ans. Mais aussi parce qu'Addie me ressemblait beaucoup dans sa façon de penser, dans son sentiment parfois de ne pas appartenir à un groupe, dans son intérêt pour la littérature, la poésie et le conférences, jusqu'à sa fidélité pour Bea sans jamais la trahir alors que celle-ci n'a pas réfléchit trente secondes pour la blesser en retour en lui volant son amour. 

Justement, Bea est une femme que je n'ai pas apprécié sauf quand elle a enfin agit pour Addie et pas seulement pour elle. Je l'ai trouvé égoïste mais aussi attachante dans le sens où sa seule façon d'avoir confiance en elle est d'être le centre du monde. Frederick ne m'a pas totalement plut au début, je ne comprenais pas ses réactions et puis j'ai ensuite compris sa peur de laisser entrevoir ses faiblesses et il m'a énormément touchée.

J'ai aimé découvrir ce Londres du début du XXe siècle car j'avais plus de connaissance pour l'Angleterre du XIXe. Les flashbacks réguliers de la grand-mère nous ramènent à ce maëlstrom de soirées, cette vie trépidante londonienne et ces night-clubs qui sont pourtant loin de ce qu'elle revendique, plus proche de Bea.

Et puis l'auteure nous plonge par la suite dans un safari en Afrique, dans des descriptions magiques des animaux, de la température, des routes poudreuses, des senteurs, des fleurs... je m'y suis crue, comme au cinéma (référence d'Out of Africa). Cette faculté à nous faire voyager à travers sa plume grâce à un récit descriptif sans en faire trop m'a donnée envie de découvrir d'autres de ses romans. Sauf que ce sera en anglais car ce livre est le premier traduit d'elle en France alors que c'est le dixième livre qu'elle écrit. 

J'ai cependant eu du mal avec la première partie : les 200 premières pages m'ont plut mais je devais me forcer à reprendre le livre pour l'avancer, il y avait comme quelque chose qui me bloquait. Je pense que cela venait aussi du fait que je lisais plus lentement que les semaines précédentes. Il y a eu également quelques incohérences dans le roman : à un moment donné Clemmie envoie un message à un personnage et puis on n'en entend plus parler de tout le roman, ainsi que le nom du père de Clemmie qui était soit Bill soit William. Et puis au bout de 200 pages la lecture est devenue addictive puisqu'en une journée j'ai terminé ce roman, j'ai enchaîné 390 pages en lisant tard dans la nuit.

Au-delà de la romance, du secret de famille, l'auteure va plus loin. Elle nous montre la difficulté d'un historien au travers du travail de Jon, amour de jeunesse de Clemmie et historien. L'histoire c'est compliqué car il faut accepter de savoir des choses mais aussi de ne pas tout connaître, et ça je l'avais déjà énormément noté depuis le début de mes études en histoire. Effectivement on sait beaucoup de choses sur les guerres mondiales mais on ne saura jamais exactement comment ça s'est passé, on ne pourra jamais vraiment se mettre à la place des gens qui l'ont vécu parce que nous, nous n'étions pas né. C'est la même chose pour les secrets de famille. On voit aussi comment le passé peut influencer nos choix actuels. J'ai adoré la fin. 

Enfin l'auteure nous met tellement de références de livres anglais, d'auteurs, de citations, de films qu'on l'adore pour ça. J'ai quatre lignes pleine de références. On sent que l'auteure aime son sujet et s'est renseignée. J'ai même appris des choses : saviez-vous que le nom original de la connue héroïne Alice de Caroline Quine (romans policiers jeunesses) n'est autre que Nancy Drew ? Comment le traducteur français a-t-il pu passer d'un personnage au nom de Nancy à Alice ? Sûrement une histoire de mode de nom à l'époque de la sortie des romans d'Alice (1930).

Ce qui est étonnant avec ce roman c'est que j'ai fais face à un moment en le lisant où je me suis dit : "que vais-je bien pouvoir écrire dans ma chronique ?". J'avais l'impression que rien ne sortirait, que je n'arriverais pas à écrire mes sensations dessus et c'était assez frustrant. Et au final, je me retrouve avec une chronique très longue sans pouvoir m'arrêter d'écrire et vous parler de ce livre.
Un livre qui m'a plut dans son voyage au travers des époques et des pays.

Ma note :

4/5.

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